MAISON CONTI


Institut d’art contemporain Ange Leccia



Fondé en 2014, le centre d’art Ange Leccia est situé à Oletta, en Corse. Il se trouve en plein cœur du village, dans la maison Conti, une demeure familiale qui comprend cinq pièces, soit deux caves (50 mètres carré) et trois salles (50 mètres carré) transformées en white cube. Le travail de réhabilitation a été assuré par le bureau de conception l140 et supervisé par l’architecte et artiste Mélissa Épaminondi. En raison de la pratique propre à Leccia, le centre d’art est avant tout dédié aux images en mouvement. Il est donc muni de projecteurs vidéos dans les caves et de moniteurs dans les salles à l’étage.

Ancré dans une région rurale, le centre est soutenu financièrement par la mairie d’Oletta. Il a pour ambition de sensibiliser le public insulaire à la création contemporaine en exposant le travail d’Ange Leccia mais aussi d’autres artistes reconnus à l’échelle internationale. À travers son programme de résidences, il souhaite également donner la possibilité à des artistes de découvrir la Corse et sa richesse culturelle. Sa programmation est assurée par Fabien Danesi.
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L’artiste

De renommée internationale, l’artiste corse Ange Leccia développe son œuvre plastique depuis plus de trente ans. Ses créations sont exposées aussi bien en France (au Centre Georges Pompidou ou au Musée d’art moderne de la ville de Paris), qu’à l’étranger (à New York, Los Angeles, Londres, Hiroshima, Séoul, Athènes, Reykjavik etc.)

Apparu sur la scène de l’art au début des années 1980, son travail emprunte à différents médias, comme le cinéma, la vidéo, la photographie ou encore l’installation. Dans cette perspective transversale, Ange Leccia renouvelle son vocabulaire tout en approfondissant sa poétique visuelle qui enregistre les métamorphoses de la sensibilité contemporaine face aux développements technologiques, comme la télévision ou internet. Il traite du rapport entre la nature et la technique et propose une œuvre très sensuelle, basée avant tout sur les émotions.

Après avoir étudié les arts plastiques à l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) de 1972 à 1976, il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis de 1981 à 1983. En 1985, il est nommé professeur à l’École Régionale des Beaux-Arts de Grenoble où il accompagne toute une génération de jeunes artistes comme Dominique Gonzalez-Foerster, Pierre Joseph ou encore Philippe Parreno. Il y restera jusqu’en 1997, date à laquelle il rejoint l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Cergy qu’il quitte en 2000 pour devenir à Paris, directeur du Pavillon, le laboratoire de création du Palais de Tokyo. Ainsi, la dimension pédagogique de son parcours est à souligner. Elle fait partie intégrante de son approche artistique.

Originaire d’Oletta par son père, Luc Leccia, Ange Leccia vit entre Paris et la Corse. L’île de beauté est restée pour lui un lieu essentiel d’inspiration. Et nombre de ses oeuvres ont été réalisées dans la région où il a grandi. Son esthétique qui allie quotidien et lyrisme, banalité et sublime, est d’ailleurs l’expression d’une sensibilité nourrie par les splendeurs naturelles de la Corse.















Été 2015 Hallucination(s)

« La plupart des vies sont vécues d’avance, elles s'exténuent dans la rengaine, avec ce qu’il faut de vice pour supporter la nullité. Mais quand ça s’ouvre, quand les visions scintillent, plus rien n’existe à côté d’elles. Alors appelez ça des hallucinations, ça ne les empêchera pas de régner. »   Yannick Haenel, Cercle (2007)

Trisha Baga - Madonna y el Niño (2011)
Mélissa Épaminondi - Lavezzi (2014)
Dominique Gonzalez-Foerster - Paris 1999(2006)

Ange Leccia - Soleil (1975)
Ben Russell - TRYPPS #7 (Badlands) (2011)







Été 2016 Hors-Jeu
 avec Thibault Capéran

Le football dans tous ses états. C’est ainsi que l’exposition Hors-Jeu pourrait être présentée. Après l’Euro 2016 qui s’est tenu en France du 10 juin au 10 juillet, cette manifestation d’art contemporain entend prolonger la ferveur tout en faisant un pas de côté. L’ambition de l’exposition est de faire se rencontrer deux univers : le sport le plus populaire au monde et un domaine souvent considéré, à tord, comme élitiste. De cette rencontre naît une zone intermédiaire où images, vidéos et objets nous amènent à appréhender différemment ce que tout le monde connaît.

Plus qu’un sport, le football est en effet un phénomène culturel hors-norme, un fait social total, pour reprendre l’expression de l’ethnologue Marcel Mauss. Évoquer le football aujourd’hui, c’est donc ouvrir de larges perspectives communautaires qui associent les dimensions économiques et politiques, en plus de son caractère proprement ludique et technique. En jouant avec le football, en interrogeant ses représentations et en déplaçant ses codes, les artistes de l’exposition Hors-Jeu cherchent à prendre la balle au bond et à inventer des angles d’attaque inédits. En conjuguant humour et processus d’abstraction, étrangeté onirique et approche documentaire, Hors-Jeu souhaite multiplier les points de vue sur le football qui continue à susciter les passions et les controverses.

Stephen Dean - Volta (2006)
Laurent Grasso - Le Temps manquant (2002)
Ange Leccia - Sans titre (2016)
Jacques Tati - Forza Bastia 78 (2002)
Jean-Philippe Toussaint - Une brève histoire du foot (2012)
Apichatpong Weerasethakul - Phantoms of Nabua (2009)










Été 2017  Playlist

Qui n’a pas fredonné sans y penser l’un de ces tubes que la radio diffuse sans arrêt ? Qui ne s’est pas souvenu de manière soudaine d’un moment de son existence à l’écoute d’une mélodie ? Qui n’a pas passé en boucle une chanson comme une obsession impossible à juguler ? D’évidence, la musique traverse notre vie et lui donne son rythme,  elle nous invite aussi bien au défoulement ludique qu’à l’introspection. Commerciale ou confidentielle, traditionnelle ou hyper contemporaine, la musique est une vibration qui donne chair à nos affects et intensifie notre vécu.

À travers quelques exemples, l’exposition Playlist propose de donner à voir et à entendre comment la musique nous accompagne et comment elle active d’un point de vue sentimental notre présence au monde. En se focalisant plus particulièrement sur la pop song, il s’agit d’esquisser une cartographie de ces émotions nourries par les chansons auxquels les artistes sont sensibles dans la mesure où elles sont une véritable forme de représentation, à la fois mentale et sensible.  

Aurélien Froment - Non alignés (2016)

Ange Leccia - The Long and Winding Road (2017)
Laida Lertxundi - My Tears are Dry (2009)
Angelica Mesiti - Some dance to remember, some dance to forget (2012)
Julien Perez - Le Mariage (2017)